Mail à … Un redresseur de tort

Monsieur,

Je me rapproche de vous afin d’argumenter sur quelques faits qui manifestement nous ont divisés ces derniers temps. Je sais que votre obsession principale est d’ergoter, d’épiloguer, de chicaner sans cesse et sans raison et même plus grave ; de dénoncer, de moucharder. On pourrait presque parler d’hystérie dans votre cas. D’ailleurs, pour tout vous avouer, j’ai commencé ce mail par ‘monsieur’ mais j’ai pris sur moi pour ne pas écrire ‘ducon’.

Je ne vais donc pas perdre mon temps en circonvolutions dont tu es si friand, je passe au tutoiement.

Cessons là les périphrases, droit au but comme disent les Marseillais ! Sacrés Marseillais. Sais-tu que les ultras dans les tribunes du stade vélodrome chantent une fois par an « Paris, Paris on t’encu…’ ? C’est un peu cavalier je le concède volontiers, ‘Lutèce, Lutèce on te sodomise !’ aurait été plus correct, n’est-il pas ?

OMTu prétends aimer la langue française sous prétexte que tu connais trois mots compliqués et qu’il t’arrive de lire un livre. Et puis surtout, défendre la langue française passe, pour toi, par le fait de ne pas prononcer de gros mots. Du coup, je vais me priver d’écrire ‘anticonstitutionnel’ pour ne pas te chagriner. Remarque bien, de toute façon ça n’aurait pas reflété ce que je pense de toi. ‘Ducon’ te va bien mieux et cela m’évite un gros mot gratuit et vulgaire. Oui, la vraie vulgarité consiste aussi à employer des mots qu’on ne connait pas bien pour tenter de se donner un genre, comme pour se donner un statut, une position sociale qui te placerait au-dessus des manants qui font voler les oiseaux eux, nom de nom !

D’habitude c’est moi qui écrit en premier, mais toi tu as été plus rapide cette fois. Tu a envoyé le premier mail, alors je te réponds. A vrai dire ton courage de chevalier blanc du verbiage ne t’as pas permis de m’écrire directement mais de pratiquer de manière hiérarchique pour que le vilain petit canard se fasse taper sur les doigts. Ce qui n’a pas été le cas.

Je passe sur la méthode qui n’est même plus en vigueur dans les cours de récréation où les enfants ont appris depuis longtemps que la lâcheté était le pire des gros maux. Laissons cela, je vais me permettre de te répondre sur le fond et non sur la forme. Quand je dis le fond, je n’évoque pas là le trou abyssal de ta coquecigrue (le mot doit te plaire), cela signifie que je vais évoquer ici, avec toi la langue de Molière.

Cette belle langue, comme disait encore récemment Roco à Clara, est truffée de jurons, d’invectives, de blasphèmes. Ces mots là font partie de sa richesse, de sa diversité. Certes, comme tous les mots, il ne faut pas les employer à tort et à travers. Leur utilisation nécessite du doigté, comme disait hier encore Clara à Roco dans un très bon documentaire que je te conseille. Et cette utilisation n’implique pas qu’il s’agisse automatiquement d’une injure, mais peu traduire une vérité. Je te donne un exemple, si je dis que tu es un couillon ou un con, ça n’est pas une insulte mais une vérité. On est d’accord ?

Mais tu as un peu raison quand même, il faut s’efforcer d’être courtois. En voiture par exemple, c’est mieux d’être poli avec l’autre empaffé de devant qui VA LA BOUGER SA CAISSE POURRIE !!! CONNARD, C’EST VERT DEPUIS UN QUART D’HEURE !

Je ne m’énerve pas, je t’explique.

La langue de Molière est si belle.

Tiens à propos de Molière, si un jour tu ouvres une de ses œuvres plutôt que de te référer à l’auteur sans peut-être savoir qui il est, je ne saurais trop te conseiller d’ouvrir Amphytrion. Une comédie en trois actes. Vas à l’acte 3, bah oui tu vois je suis sympa, je t’évite de tout lire, tu auras ainsi plus de temps pour regarder TF1. Donc, acte 3, tu peux y lire ‘Fils de pute !‘ N’y vois rien de personnel, c’est une citation de Jean-Baptiste Poquelin. Comment ça c’est qui ce Poquelin ? Des citations de ce genre, il y en a à foison dans les classiques de la littérature française, tu le saurais si tu en avais lus.

Molière, photo d'époque prise par Depardon.

Molière, photo d’époque prise par Depardon.

A propos, l’autre jour j’écoutais les infos en France et le titre principal était le départ de Laurence Ferrari du journal de 20heures. Sur toutes les radios et chaînes d’infos en continu, un vrai tremblement de terre. Parfait ! Enfin non, à vrai dire je ne tire aucune satisfaction personnelle à la voir partir de TF1, ça me laisse indifférent. Mais le parfait signifiait : ‘Et alors ?’

Par acquis de conscience j’ai voulu regarder TF1 quelque jours plus tard pour voir qui l’avait remplacée et j’ai constaté qu’elle était encore là. Du coup j’ai repris deux fois des nouilles. En cherchant sur le net, j’ai compris qu’en fait c’était juste l’annonce de son départ. Son départ ne serait effectif seulement qu’en septembre. Les rédactions se sont donc mobilisées pour nous bassiner avec une info dérisoire qui ne sera effective que dans trois mois ! Dans le même temps, il y a eu une centaine de morts en Syrie dans un massacre.

Comme tu le constates avec ton aisance d’esprit, on peut n’employer aucun gros mot et être pourtant d’une vulgarité extrême. A côté de cela, quand je t’appelle ‘ducon’, c’est finalement presque affectif.

PS : Je ne te donne pas l’adresse de la direction de TF1 pour continuer ton œuvre de délation, j’imagine que tu la connais.

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