Mail à … Un gentil !

Bonjour mon ami ! 

Au fait, j’imagine que tu me permets de t’appeler ‘Mon ami’ ? Merci, tu es gentil. 

Je me rends compte qu’il est bien compliqué de t’écrire. Quoi dire à quelqu’un de gentil ? Si ce n’est : « T’es un mec gentil toi. » Ce qui, tu le conviendras avec moi, peut être pris pour une insulte. 

En général, il est plus facile d’écrire des méchancetés. Je pensais justement à ça ce matin en écoutant un billet d’humeur sur une radio. Il était mal écrit et surtout très médisant. Je me suis dit : Mais quel connard ! En parlant du pseudo penseur qui avait écrit le torchon censé être drôle. Je me rends compte en relisant mes deux dernières phrases qu’en t’écrivant à toi qui est gentil, je dis du mal d’un autre. C’est dingue.

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Difficile de lutter contre ce réflexe que nous avons tous. Sauf toi, oui je sais. Mais comment être gentil ? 

– En n’étant pas méchant ! Me dis tu. 

Oh la la, t’es con ! Enfin non, ce n’est pas ce que je voulais dire. Cela dit, je connais quelqu’un d’autre que toi qui ne dit jamais du mal. Pour lui, il faut reconnaître que c’est assez commode, comme dirait Louis XVI, puisqu’il est muet. Je le vois faire des gestes avec ses mains, sans le comprendre. C’est harmonieux. Parfois cette harmonie gestuelle se termine par le doigt du milieu relevé. Je me dis qu’il doit y avoir derrière ce geste, un sujet majeur de mécontentement quand même. 

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Mais revenons aux billets d’humeur sur les radios ou dans les journaux. Ils sont souvent trempés dans l’encre de la médisance, voire de la cruauté, parfois même de la bassesse. Non, ceux qui les écrivent ne sont pas nécessairement des méchants, ni des jaloux, mais il paraît qu’on a tous plus de facilité à dire du mal que du bien. Nous avons bien du mal à dire du bien. C’est pourtant bien de ne pas dire du mal ! Tu me suis ? 

Même toi qui est un gentil, sois honnête, tu as le même réflexe parfois. Tu vois quelqu’un qui trébuche devant toi en renversant son café sur sa chemise. Ta première réaction ? Tu pouffes. Même si le quelqu’un en question n’est pas une fille idiote. Bon, je sais, tu vas me dire que ces situations n’ont rien à voir avec la médisance. Pourtant, la moquerie est une forme de médisance. Il paraît que médire, donne bonne conscience. Ça doit être un concept inventé par Freud, le père de ‘faites ce que je dis, pas ce que je fais‘. Je sais je dis du mal là aussi, mais ça me défoule.  

Tout le monde a un côté obscur me disait encore le mois dernier mon gastro-entérologue. Dans le même genre de concept sous-freudien, il paraît que  derrière des propos médisants, il y a : « Je vous parle de tout ça à vous parce que moi, je ne suis pas comme cela et parce que je sais que vous ne l’êtes pas non plus. »

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J’adore la masturbation intellectuelle. Moi-même, quand je pense à certaines personnes que je n’apprécie pas, plus j’y pense et plus je sens que ça monte. A force de monter, ça finit par jaillir. Il n’en ressort que de la frustration, parfois, je n’ai même pas la force de continuer, alors je remets à demain ce que je faisais d’une seule main. 

Alors, comment être gentil bordel de merde ? Les spécialistes disent que le premier comportement à avoir est de sourire aux autres. 

Certes ! 

Puis de faire un compliment. Parfait, mais je connaissais un mec qui habitait à St Denis en banlieue nord de Paris. Lorsqu’il croisait une fille, il lui souriait tout le temps et il ajoutait : « Hé madame, t’es bonne toi ! » Ce qui, tu l’avoueras toi même est un compliment. Et bien je peux pourtant t’assurer qu’il n’avait aucune reconnaissance en retour. Les gens sont ingrats.

Eric Laforge

___________

PS : Comme dirait Jean Yanne « Le problème des compliments, c’est qu’on n’est jamais sûr que c’est sincère. Alors qu’en général, une insulte, ça vient vraiment du coeur ! »

 Retrouvez-moi sur Facebook, je suis ici :  https://www.facebook.com/eric.laforge1

2 réflexions au sujet de « Mail à … Un gentil ! »

  1. X
    Mon grand chéri d’amour, tu dors ?

    Y
    Pas du tout, je lis !

    X
    Au lit ? Depuis quand tu lis au lit, toi ?

    Y
    Depuis que j‘ai découvert cet ouvrage que Monsieur Laforge m’a dédicacé l’autre jour, dans un magasin de livres qui vend de la musique… Il a été fort gentil d’y mettre mon nom : « cher Filip, entre nous, c’est une histoire qui va vous surprendre… »

    X
    Et alors ?

    Y
    Ben, j’attends d’être surpris, c’est pourquoi je lis…

    X
    Et ça parle de quoi… ?

    Y
    D’une princesse…

    X
    D’une princesse ? Il parle de moi ? Il a osé… il est déculotté ! Et il dit quoi ?

    Y
    Il dit qu’elle était heureuse et malheureuse à la fois. Il y a une histoire de tunnel, de ceinture qui n‘était pas bouclée, de prozac et de pastis, de treizième pilier, de policiers qui sont arrivés après les photographes,…

    X
    Donc, il y a des photos ? Compromettantes ? Montre, je veux voir !

    Y
    Pas du tout ! C’est tout en écrit, avec des majuscules et des virgules, fort bien écrit et respectueux, comme il convient pour une histoire de chasse à la cour.

    X
    Et alors… il donne des détails ? Qu’est-ce qui se passe, il tire à la chasse ? Il va l’embrasser ? Elle va se marier… et ils auront beaucoup d’enfants ?

    Y
    Pas du tout, ma chérie, tu es trop romantique…
    On ne connaît pas encore la fin… sauf qu’elle ne sera jamais reine !

    X
    Ah bon, ce n’est pas moi alors ! Ouf… Il est trop fort ce Monsieur Laforge !
    Il a réussi à écrire un livre qu’on lit au lit sans se fâcher. Voilà ce que j’appelle un ami.

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