Route du Blues, 8éme jour. La grosse facile !

Je vous raconte ici chaque jour, une des 12 étapes de mon voyage avec mon ‘Club des 5’ cet été sur la Route du Blues. Entre Chicago et New Orleans. Le dernier épisode (11éme) sera constitué d’un maximum de photos. 

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ATTENTION : Le titre ‘La grosse facile’ n’évoque pas une fille à l’embonpoint certain et aux moeurs légères. J’en connais, mais il ne s’agit pas de ça. Je vous révèle le sens de ce titre dans le texte.

Sur cette route sans fin, on a fait un arrêt à Bentonia. Un village en dehors du monde. De pauvres gens y vivent en survivant. Ici, je voulais montrer à mes amis du club des 5 le Blue Front Café, un juke joint. Un endroit en pleine campagne où les bluesmen, dans la première partie du 20éme siècle venait jouer de la zique avec simplement une gratte. Très pittoresque. Il ne reste plus beaucoup d’authentiques Juke Joint dans les campagnes. Les organismes pour la santé publique et la sécurité publique les ont fait fermer les uns après les autres.

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Ensuite on a repris la route, on a tracé autant qu’on le pouvait. Jusqu’à ce nos estomacs nous fassent savoir qu’il était l’heure de grailler. Il est 15h, tu m’étonnes. « –Une vieille pizzeria pourrie là regarde sur le bord de la route ! » dis l’un de nous. On s’est arrêté, sans savoir que le patron-serveur-pizzaiolo était Droopy. Il avait une gueule de croque mort et était aussi souriant qu’une porte de prison. On a quand même mangé une pizza, sans gout, mais bon ça remplit. J’ai assisté à une scène étrange dans cet endroit étrange. Une femme, noire, visiblement pas très aisée est entrée, n’a rien commandé, s’est assise. Trois ouvriers, noirs, sont arrivés dans un gros pick-up. Ils ont commandé des big size pizzas, à la fin il en restait dans leurs cartons. L’un d’eux est allé voir la femme, il s’est penché vers elle, sans rien lui dire, simplement en montrant les restes du doigt. Ils sont partis. Elle s’est levée, a ramassé les morceaux, les a mis dans un carton et est sortie. Etrange. 


R4 « -Bon, allez les mecs, on reprend la route, non stop jusque New Orleans. S’il y en a un qui veut pisser, c’est maintenant. » Romain est donc allé aux toilettes, on ne sait jamais des fois qu’il y ait du fric par terre. A Chicago il a trouvé deux fois du fric dans les toilettes, plus de 40 dollars au total. Au retour du cabinet d’aisance, il s’est fait draguer par une mère de famille, la bonne quarantaine, qui lui a donné une adresse de resto-club à New Orleans. Bah voyons ! 

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Bon, on trace. On a traversé la lac Ponchardin, un pont de 30 kms, Impressionnant. On roule sur l’eau, nous sommes les Jesus du macadam ! Nous poursuivons notre Route du Blues à la recherche de réseaux wifi (Romain) et de musiciens ici ou là dans des clubs. Des gens avec qui parler de l’évolution, des influences, de ce qu’il reste de l’héritage. Bref, faire des rencontres. Depuis notre arrivée sur le territoire américain, la musique a été notre compagne de route. D’abord à Chicago avec le Blues électrique. Puis Memphis avec le club de BB King sur Beale Street, ensuite l’endroit où est né le Rock n Roll aux studios Sun. Puis nous sommes allés à Clarksdale, là où le Blues est né avec les pionniers, ceux qui jouaient il y a un siècle. 

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Depuis aujourd’hui nous sommes à New Orleans, toujours le Blues, mais aussi le jazz bien entendu. Il est né ici, vers 1910, un siècle ! A l’époque on ne parlait pas de brassage de cultures, mais c’est pourtant ce qu’a fait le jazz en absorbant les tambours africains, les sonorités antillaises, la chanson espagnole, la contredanse française, les marches militaires, le blues, les spirituals. Je m’arrête là parce que je pourrais citer à peu près tout ce qui existait à cette époque. 

Je regarde un bateau passer sur le Mississippi et je me dis que si j’ai de la chance je croiserais peut-être Fats Domino ou les fantômes de Sydney Bechet et Louis Armstrong pendant mon séjour. Ils sont tous nés ici. A propos de Fats Domino, en 2005 lors du passage de l’ouragan Katrina, le vieux chanteur et pianiste de rock avait été porté disparu plus de 5 jours. Jusqu’à ce qu’il soit aperçu sur une embarcation de secours. Quand il était jeune, ici on ne travaillait pas dans les champs de coton, comme les bluesmen un peu plus au Nord, mais dans les champs de cannes à sucre. Même maltraitance. Ces gens ont eu des vies misérables, certains ont réussi à déjouer les obstacles pour devenir des hommes respectés par tous, y compris par leurs anciens oppresseurs. Le vrai prénom de Domino était Antoine. Mais grâce à ses talents de pianiste, il a vite été surnommé Fats, en référence notamment à sa taille imposante.

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Thierry, l’un des 5 de la bande. Lui, est animateur sur la plus grosse radio de Tahiti. On le voit ici en train de barboter avec ses jouets de piscine à New Orleans.

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A propos de gros, il est temps que je vous dise pourquoi le titre de cet article est : La grosse facile. C’est simplement le surnom de New Orleans.

1h du matin, je me change (mes fringues sentent le homard) pour aller au French Quarter, la vie nocturne est là. J’espère que vous allez bien. A demain, même endroit. 

Eric Laforge

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