Le guitariste du diable

En lisant ce livre, j’ai cru me replonger dans l’ambiance du film O’Brother. Par un hasard curieux, j’avais vu le film la semaine précédente. Certains critiques-rock disent que le film a été inspiré par la vie de Robert Johnson, c’est possible.

Peu importe.

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Le livre, n’est pas une biographie comme les autres. Il propose un voyage dans l’Amérique profonde, celle qui a inventé la musique.

L’Amérique des noirs qui essayaient de se sortir de leur condition de cueilleurs de coton. Ces pionniers ont créé le Blues, solidement ancré dans le Delta du Mississippi.

Sans eux, il n’y aurait peut-être pas eu Led Zeppelin ni les Stones. Comme le disait récemment Walter de Paduwa qui travaille sur Classic 21 et qui est certainement le plus grand connaisseur de musique que je connaisse… « Ce sont les noirs qui ont inventé une grande partie de ce que nous écoutons aujourd’hui. »

Ce fameux Robert Johnson, dont il n’existe que très peu de photos, probablement deux (visibles dans cet article) la troisième revendiquée récemment ne semble pas lui ressembler (!), était un aventurier bourlingueur et coureur de jupons. Ça lui a valu d’être empoisonné par un mari jaloux à l’âge de vingt-sept ans. Probablement le premier génie à tomber à cet âge fatidique.

Il n’a laissé que 29 titres, tous enregistrés lors d’une des deux seules sessions d’enregistrements de Johnson, l’année suivante il était mort.  

Le bouquin nous fait voyager à travers la poussière des bars et salles miteuses dans lesquelles jouait Robert Johnson. On y rencontre des musiciens qui l’ont côtoyé et qui parlent de son génie. La rumeur de l’époque disait d’ailleurs qu’il avait vendu son âme au diable contre des dons musicaux exceptionnels.

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Très jeune il avait été rejeté par un groupe dans lequel il voulait jouer, il faut dire qu’il était nul à la guitare.

Très peu de temps après, il était revenu à la charge en demandant à montrer à nouveau ses talents. Il savait alors jouer parfaitement. D’où la rumeur du diable qui lui aurait accordé sa gratte et appris à en jouer. D’autant que pendant une période, il jouait parait-il en tournant le dos pour ne pas être vu, pour ne pas trahir son secret ?

Dépaysant et passionnant ce petit livre de moins de 110 pages. Ce n’est pas un livre, c’est une ambiance.

A la recherche de Robert Johnson, par Peter Guralnick, aux éditions Castor Music. 12 €.

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