Mail à … Un vieux c..

Salut Vieux,

Mouais !… Je me rends compte que cette façon de te saluer est très affectueuse, trop même. Mon père me disait souvent qu’un vieux con est d’abord un con. Une manière de signifier que l’âge n’est en aucun cas une excuse à la connerie humaine. De Gaulle avait en partie raison, la vieillesse est un naufrage. Mais j’ajouterai : pour certains seulement.

1Tu as encore fait fort, dis moi, on parle de toi dans tous les médias français aujourd’hui. C’est comme si la Coupe du monde de foot avait été reportée. Certains ne s’en plaindront pas d’ailleurs, toi le premier. Je me souviens que dans les années 90s tu avais jugé : « …artificiel que l’on fasse venir des joueurs de l’étranger en les baptisant équipe de France. » Pour une fois que ton propos était édulcoré. J’imagine que d’autres mots plus colorés te brulaient les lèvres, mais parfois tu arrives à te retenir de les prononcer.

Pardon, excuse-moi deux minutes…

….

Je ne sais pas ce qui se passe, quelque chose que j’ai mangé certainement, je n’arrête pas de vomir. Bon, reprenons.

En t’écrivant j’écoute Days of futur passed, un album des Moody Blues de 1967. Tu sais, c’était l’été de l’amour, le Flower-Power. Je sais que toi ce que tu préféres dans les roses, ce sont les épines. Cet album absolument sublime, raconte la journée d’un homme, depuis son lever jusqu’à son coucher. En me laissant bercer par les harmonies, je pense à toi. Comment s’organise ta journée ? Est-ce que dés le matin tu te choisis une première victime. Les insultes et la calomnie seraient ton érection matinale à toi. A force de te dresser, fier et droit, tu finirais par décharger… ta haine contre l’autre.

Cet album ne dure que 41 minutes, ensuite, j’ai bien envie de m’écouter un petit Bruel moi. Je ne suis pourtant pas fan de ce qu’il fait, mais tu comprendras pourquoi je suis solidaire de lui en lisant le PS à la fin de ce mail. Je t’avoue que ta diarrhée verbale, ajoutée aux meurtres gratuits dont Bruxelles a été témoin dernièrement, me fait de plus en plus peur. J’en ai même pleuré. J’ai peur de voir grandir mon fils dans une société ou des gens comme toi ont micros ouverts ! Je ne suis ni juif, ni musulman, ni catholique (j’ai pourtant un frère prêtre) mais il n’y a besoin d’aucune raison pour s’insurger. J’essaie juste d’être un humaniste.

Je viens d’aller prendre un Motillium, c’est pour les nausées.

Nous parlions de Bruel donc. Je ne le connais pas, je crois qu’il est sympa, je l’ai croisé une fois dans une ancienne vie de radio, il m’a paru avenant et surtout très très souriant. Même si aujourd’hui, il est particulièrement triste.

2Un mec a qui j’ai serré la main par ce que j’étais en confiance. Toi aussi, je t’ai rencontré une fois, dans un hôtel. Que les lecteurs de ZibloG ne se méprennent pas, c’était en tout bien tout déshonneur. Tu venais faire une conférence de presse pour une réunion politique qui avait lieu le soir. Je me souviens qu’avant ton entrée dans la pièce, deux mecs aussi souriants que des croques morts le jour de leur enterrement de vie de garçon, sont d’abord entrés dans la pièce. Ensuite une troisième personne est arrivée et a déclaré avec une solennité aussi incongrue qu’un cheveux dans un bol de soupe :  » Mesdames, Messieurs, le Président !« 

J’ai été très surpris, je me suis tourné vers un collègue journaliste de presse écrite :

-Président ?
– Bah oui, il est Président de son parti, m’a répondu le journaliste.

Dans ma naïveté, je pensais qu’il n’y avait que le Président de la République qu’on accueillait par un « Mesdames, Messieurs, le Président ! » Bon, cela dit, j’avais une excuse, j’étais jeune et con. C’est toute la différence entre vieux et con, quand on est jeune on peut évoluer.

Pour Bruel donc, j’écouterais bien son album Alors Regarde. Sur cet album, il y a un morceau que j’ai toujours aimé pour avoir vécu l’histoire en vrai, Place des Grands Hommes. Des copains qui se retrouvent 10 ans plus tard et se demandent mutuellement ce qu’ils sont devenus.

« T’as pas changé, qu’est-ce que tu deviens ?
Tu t’es mariée, t’as trois gamins.
T’as réussi, tu fais médecin ? »
Evidemment, comme tu t’en doutes, tous n’ont pas réussi, certains ne sont pas devenus médecins. Mais ils ont hérité de la fortune d’un généreux donateur.

Puis le morceau se termine par…Tiens si on s’ donnait rendez-vous dans 10 ans…

Dans 10 ans, vu ton âge, on peut se poser la question qui figure dans une chanson de Michel Berger : Seras-tu là ? J’imagine que tu n’aimes pas non plus Michel Berger. Bah te fâches pas, il est mort lui !

PS : « Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas communiste. Quand ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas Juif. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas syndicaliste. Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas catholique. Et lorsqu’ils sont venus me chercher, il n’y avait plus personne pour protester. »

Texte écrit par Martin Niemöller, alors qu’il avait été envoyé au camp de la mort de Sachsenhausen.

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