Ich bein ein Berliner

Un short, des tongs, un appareil photo en bandoulière et les marques de bronzage, le tout surmonté d’un Bob Ricard (Si on est Français, une casquette Jupiler si on est Belge). Voila la panoplie du parfait touriste. Mon problème est que je ne suis pas parfait, alors pour explorer Berlin je n’avais donc pas cet uniforme de circonstance.

L’année dernière j’avais décidé de bourlinguer ma carcasse dans les rues de Londres à raison de 8 kms de marche par jour pour découvrir des endroits où le rock avait laissé son empreinte. (tapez LONDON dans l’onglet de recherche en haut si vous voulez voir le reportage sur Londres). Cela dit la visite que je vous propose cette année est assez rock dans son genre.

Berlin1Cette année, j’ai foncé vers Berlin. Toujours pas de bob, ni de short, juste mon appareil photo et un gros zoom pour voir autrement que les autres, pour voir éventuellement ce que les autres ne sont pas venus voir.

A Berlin, le rock n’a pas laissé beaucoup de traces. Il y a bien une visite guidée de la ville sur ce thème, mais elle coute une fortune. Vous pouvez la faire si vous êtes riche et que vous aimez en bon touriste les visites qui frisent l’arnaque, sinon, passez votre chemin et marchez en levant la tête, il y a des choses plus intéressantes à voir.

Peu de rock donc, mais de l’histoire. Cette ville est assez laide pour tout dire, pauvre aussi si on la compare à Londres ou Paris, mais son charme est ailleurs, dans une  certaine atmosphère. Certaines visites ne laissent d’ailleurs pas indemne. Elles bouleversent, probablement pour la vie si on est toutefois doté d’un minimum de sensibilité.

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Alors, on commence la visite, sans monter dans cette voiture à rallonge pourquoi ? Trois possibilités de réponse :

1- Cette voiture est très polluante

2- Un film porno est en train d’être tourné à l’intérieur.

3-Je préfère ‘hummer’ l’atmosphère de la ville à pieds.

Berlin2Et puis j’imagine une femme conduire cette voiture et tenter de faire un créneau dans une rue étroite. Oui je sais c’est macho comme remarque, mais je vous jure que ce n’est pas moi qui écrit, mon cerveau a été piraté.

Autre genre de véhicule, mais cette fois-ci idéal pour voyager en couple et s’engueuler sur le trajet à prendre. On peut en effet immédiatement se réconcilier sur l’oreiller, c’est le lit à quatre roues. Se faire une petite virée du côté de la porte de Brandebourg dans un lit, ce n’est pas une histoire à dormir debout.

Berlin3 Berlin4Un jour, de la terrasse du resto où nous déjeunions, sous un grand dôme de lumière en plein air, des gens se sont soudainement agités. Ils ont bougé, déplacé et réorganisé l’espace. Un tapis rouge immense a été déroulé.

Comme par magie, comme s’ils avaient été prévenus par un message télépathique, des milliers et des milliers de gens sont apparus, venant de partout. Ils se sont sagement rangés derrière des barrières, à la germanique, de part et d’autre du tapis.

Berlin5Puis trois grosses voitures ont ‘foulé’ le tapis de leurs pneus propres. Dans la première une femme dont la foule a scandé le nom : Olivia Wilde. Dans chacune des deux suivantes, un homme, Daniel Craig et Harrisson Ford. La vache !

Indiana Jones était là, devant moi, sans son fouet. « Quel dommage ! » dit alors une blonde tout de cuir vêtue qui était à la table d’à-côté. Mais pour moi, Harrison, c’est Han Solo de Star Wars.

Berlin6 Berlin7 Berlin8En fait Berlin est une sorte de grande friche. Partout des bâtiments abandonnés, des marginaux qui s’éclatent dans la rue, des cyclistes, des tags, des parcs pas entretenus et des espaces verts en friche.

Berlin9 Berlin10Tacheless, les guides vont diront qu’il s’agit là d’un centre culturel et d’exposition d’oeuvres d’art. Une fois devant, vous vous rendez compte que c’est un vieux squat tagué de partout et qui menace de s’écrouler. Si être un artiste consiste à barbouiller de couleurs des toiles ou différents supports. Alors les 3 étages sont peuplés d’artistes. Si être tendance, c’est forcément être décalé pour être décalé, alors c’est tendance d’être ici. Ma vision m’a plutôt fait penser qu’il s’agissait là d’un lieu de pèlerinage pour Bobos en mal de sensations pseudo artistiques.

Bref, vous entrez dans le bâtiment, ça pue l’urine et le moisi. J’aime l’art, c’est tellement… odorant et décalé !

Entrée de Tacheless.

Entrée de Tacheless.

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A monter en apnée.

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Les pots de peinture étaient ce qu’il y avait de plus joli, artistiquement parlant.

Si vous allez à Berlin avec un bob sur le crane et des idées de touristes dans la tête, alors, lorsque vous voudrez voir le mur de Berlin, vous irez voir la East Side Gallery. L’endroit ou existe encore la plus grande portion du mur, plus d’1 km décoré par des artistes du monde entier. Ca fait des photos bien colorées, ça fait surtout les mêmes que celles des cartes postales.

Voir cette portion du mur est comparable à la visite de Paris par un touriste japonais. Il voit en deux heures et demi, la Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe et le magasin Vuitton. Et il passe à côté de l’essentiel… euh… Pigalle, la rue St Denis, le Bois de Boulogne par exemple !

Si on cherche un peu à Berlin, le mur existe à d’autres endroits et il y est bien plus intéressant, moins touristique certes, moins coloré aussi, mais plus parlant.

Dans un parc, un morceau de mur avec une pensée en forme de slogan.

Dans un parc, un morceau de mur avec une pensée en forme de slogan.

Ah, mais si… Le rock a laissé une trace ici. A moins que ce ne soit juste la folie des hommes.

Ah, mais si… Le rock a laissé une trace ici. A moins que ce ne soit juste la folie des hommes.

Dans un bosquet, loin du passage des touristes, des morceaux du mur à l’abandon. Ils sont gris, comme les Allemands de l’est les voyaient.

Dans un bosquet, loin du passage des touristes, des morceaux du mur à l’abandon. Ils sont gris, comme les Allemands de l’est les voyaient.

Gardée intacte, une centaine de mètres de l’ensemble du dispositif anti évasion. Le mur et le no man’s land ou ceux qui tentaient de passer mourraient et le mirador.

Gardée intacte, une centaine de mètres de l’ensemble du dispositif anti évasion. Le mur et le no man’s land ou ceux qui tentaient de passer mourraient et le mirador.

Pour mieux savoir qui était tenté de fuir le pays, la police politique de l’Allemagne de l’Est, la stasi, espionnait et écoutait tout le monde.

Pour mieux savoir qui était tenté de fuir le pays, la police politique de l’Allemagne de l’Est, la stasi, espionnait et écoutait tout le monde.

Berlin19Ici, c’est l’horreur absolue. Le sous marin. Une prison qui servait de salle de tortures après la guerre lorsque les Soviétiques géraient le lieu. Certaines cellules étaient étanches, elles étaient remplies d’eau lentement et le type dedans se noyait. Le but était de le faire parler, bien souvent il n’avait rien à dire puisque les innocents comme les coupables se retrouvaient ici. Le vrai but était la terreur.

L’une des cellules est encore plus terrifiante, sans entrer dans les détails techniques, elle s’utilisait de la même manière que votre four lorsque vous y mettez un poulet à rôtir. Sauf que dans cette cellule, ça durait des heures et des heures.

Dans les plus confortables des cellules, le détenu avait une planche en bois pour dormir, pas de couverture ni de matelas. L’hiver, il mourrait de froid ou de maladies, s’il avait résisté au tabassage et tortures quotidiennes. En racontant ça, il ne s’agit pas de critiquer une idéologie politique quelle qu’elle soit. Il n’est d’ailleurs plus question de politique, ni d’idéologie dans cette prison qu’était le sous-marin.

Nous sommes ici hors des hommes, hors même de l’espèce animale, juste le règne de l’inhumanité. Des hommes rentraient chez eux le soir après leur sale besogne, ils embrassaient leurs enfants, ils dormaient. Peut-être même ont-ils eu une pension confortable ?

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On se détend avec des images plus légères de la ville.

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Huitre géante ?

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Au bout là-bas, regardez attentivement l’homme. C’est Ribéry qui discute d’un traité de philosophie qu’il a lu récemment.

Boy in the bubble.

Boy in the bubble.

Le repère des aigles.

Le repère des aigles.

Un concours de chant improvisé devant des milliers de spectateurs. Hé, mais c’est Pacman !

Un concours de chant improvisé devant des milliers de spectateurs. Hé, mais c’est Pacman !

La superbe architecture d’un batiment de l’ex Allemagne de l’Est sur la Karl Marx Allée.

La superbe architecture d’un batiment de l’ex Allemagne de l’Est sur la Karl Marx Allée.

Un homme blanc.

Un homme blanc.

Un piano vert.

Un piano vert.

Une femme nue.

Une femme nue.

Le musée Ramones à faire, ou pas. Pour moi c’était ou pas.

Le musée Ramones à faire, ou pas. Pour moi c’était ou pas.

Une église et la tour de la télé au fond.

Une église et la tour de la télé au fond.

Probablement à des gens qui se sont fait la malle.

Probablement à des gens qui se sont fait la malle.

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